
Pour cette première chronique sur ce blog, j'aimerais vous parler d'un manga qui m'a été chaleureusement recommandée et qui m'a beaucoup touchée. Adieu mon utérus raconte l'histoire de son autrice, Yuki Okada, qui suite à la présence de règles anormales, va découvrir qu'elle est atteinte d'un cancer du col de l'utérus. Nous allons la suivre dans sa lutte pour en guérir, avec ses doutes et ses craintes, mais toujours accompagnée du soutien de ses proches. C'est donc pour témoigner de ce moment important de sa vie, que ce manga a vu le jour.
J'ai trouvé cette petite histoire très touchante avec notre protagoniste qui va du jour au lendemain devoir prendre une décision radicale dont elle ne pourra plus revenir en arrière. C'est un récit dont les sujets abordés peuvent heurter la sensible de certaines personnes. En effet, rien n'est censuré ou glamourisé dans le parcours de Yuki vers sa guérison. On peut même voir la représentation réelle d'un utérus, avec sa tumeur faisant la taille d'une balle de ping-pong.
Ce qui est pour le coup intéressant, c'est que de nombreux informations médicales sont données tout le long de ce volume. On sait alors que comme tout cancer, celui du col de l'utérus a plusieurs stades, avec des typologies de différenciation complexes au stade 1. Il peut aussi y avoir des récidives dont la probabilité de risques diverge suivant les personnes atteintes. Il est donc possible de procéder à un traitement médicamenteux ou à une radiothérapie - c'est cette deuxième solution que Yuki choisira pour sa guérison, les médicaments n'étant pas nécessaires pour son cas.
J'ai été agréablement surprise que l'autrice n'ait pas émis de jugement sur le service hospitalier, les médecins ou sur les autres patientes qui, comme elle, combattent la même maladie. À l'exception de la nourriture qui, je confirme, reste toujours aussi immonde. (Ça m'a rappelé mon opération du genou, il y a plus de 15 ans, une horreur… donc je compatissais avec elle.) Tout est décrit de façon objectif et j'ai apprécié voir le soutien que ces femmes apportent à Yuki, une belle sororité comme j'aime voir.
Les dessins des personnages, en chibi avec parfois des caricatures sur le visage de certains, peuvent perturber au début, alors que le thème du manga reste. Néanmoins, cela offre des scènes assez amusantes, afin que la lecture ne soit pas indigeste. Je me souviens surtout d'un passage où, après son opération, la pauvre Yuki avait le visage extrêmement crispée de douleur, lorsque l'anesthésiant n'avait plus effet sur elle. Le contraste entre elle et ses proches qui avaient une expression si serein sur leur visage, ça m'a malgré moi fait arracher un sourire.
Le seul point d'ombre pour moi a été la traduction. Même si dans 99% du temps, je parvenais à comprendre ce qui se passait, sur certaines bulles, il y avait des phrases que j'ai dû décrypter dans ma tête pour savoir de quoi les personnages parlaient. Ceci n'est arrivé qu'une ou deux fois mais comme il s'agit d'explication sur la procedure de guérison, c'était un peu embarrassant. Il y avait aussi le cas du « x,xx% », pour parler de, qui m'a rendu perplexe. Bien que j'ai supposé par la suite que cela devait représenter moins de 0.01%, sur le coup, je n'ai pas su comprendre.
En résumé, Adieu mon utérus fut une lecture enrichissante et portant un message fort qui fera echo à celles et ceux qui ont aussi dû se battre contre un cancer, à un moment de leur vie. Il est un bon moyen de prévention pour cette maladie, permettant aux lecteur·ices de la comprendre. Car on ne le répète jamais assez, un cancer peut toucher n'importe qui et n'importe quand. Il est donc important de se faire dépister régulièrement (frottis par un·e gynécologue, un·e médecin agréé·e ou une sage-femme) et en se faisant vacciné·e contre le papillomavirus.
>>> Ce manga a été emprunté au réseau de médiathèques Sud Vendée Littoral.
Fiche d'information :
Akata, collection L (2019) - 192 pages - Support papier - Autobiographie





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